Analyse du risque d’incendie pour une usine de bonbons. Description des lieus. L’usine de bonbons est composée de plusieurs bâtiments. On peut distinguer les compartiments suivants : le bâtiment administratif. le dépôt de produits finis la fabrication   Le bâtiment administratif est une construction récente en maçonnerie, d’environs 350 m² à deux niveaux.   Le Dépôt. Le dépôt de produits finis est une construction d’un niveau, structure acier, bardage et toiture métallique. La résistance au feu de la construction est estimée à R15 / EI15 .  Dimensions : 32.5 m * 82.5 m = 2681.5 m², hauteur 11 m. Il est séparé des bâtiments contigus par des portes coupe-feu.   La porte coupe-feu entre le dépôt et la fabrication est normalement ouverte et équipée d’un fusible, placé dans un coin. En dehors des heures de travail, elle est fermée.  Cette séparation pourrait être fiabilisée par une commande par détecteur à la place du fusible, mais pour le besoin du calcul du risque, cette séparation est acceptable. Le bâtiment est considéré comme accessible de trois côtés pour les services incendie. Le stockage en racks se fait en plusieurs rangées, la hauteur maximale de stockage est 10.5 m. La charge calorique moyenne est estimée à 12000 MJ/m² sur base d’un classement sprinklers ( nécessité de protéger par sprinklers ESFR. Cette charge calorique élevée se justifie par la hauteur de stockage. La dimension moyenne des objets dans le stockage est estimée à 1 m ( une palette pleine). Les moyens de protection incendie sont: alarme manuelle, extincteurs, dévidoirs. Leur nombre est considéré comme adéquat. Il n’y pas de détection automatique d’incendie, ni de désenfumage, ni de sprinklage. D’après les informations reçues le dépôt ne constitue pas un maillon critique dans la distribution. En cas de nécessité un autre dépôt peut servir, soit à l’intérieur du groupe, soit ailleurs. L’usine de production. L’usine de production est un bâtiment complexe, mais essentiellement rectangulaire d’une superficie  8375 m². Le bâtiment est principalement  à un niveau, mais au dessus de la partie centrale , il y a deux niveaux qui sont en communication par des cages d’escaliers et d’ascenseurs avec le rez. Ils sont pris en compte dans le calcul comme des mezzanines à 33 % de la superficie du rez. La hauteur sous plafond est estimée en moyenne à 4 m pour le rez. ( aux étages, c’est moins). La construction est principalement en béton et maçonnerie. . La résistance au feu de la construction est estimée à R60 / EI60 pour les murs. Les activités se présentent essentiellement au rez-de-chaussée, les étages servent principalement pour le stockage de matières premières et emballages, pour certaines équipements et pour les locaux sociaux. La fabrication de blisters au 1er étage est arrêtée. Il y a des murs intérieurs qui séparent les zones de travail, mais les passages ne sont pas protégée par des portes coupe-feu. De ce fait, il faut considérer toute la zone comme un seul compartiment sans subdivision, mais pour la sécurité des personnes la subdivision a quand même été prise en compte partiellement. La charge calorique moyenne est estimée sur base d’une observation visuelle à 50 kg/ m² de matières combustibles , ce qui correspond à 900 MJ/m². Ceci est  considéré plus réaliste qu’une charge de 1500 MJ/m²  sur base du classement « sprinklers » en OH2 ( limite supérieure). La dimension moyenne des objets dans la production est estimée à  0.1 m , par équilibrage entre la taille des machines, des bonbons, emballages et la poussière d’amidon. Le nombre de personnes présentes est estimée à 100 personnes ( un shift + marge). La chaufferie est adéquatement compartimenté de l’usine, ainsi que les locaux électriques principaux et les stockage de produits inflammables (essences). Ces locaux ne sont pas pris en compte comme activités aggravantes du risque. Par contre, l’installation de traitement d’amidon est  considéré comme une «production de poussières combustibles sans aspiration ». S’ il s’avère à l’analyse du risque d’explosion de poussières, qu’une classification en zone 21 ou 22 est nécessaire, il faudra augmenter l’aggravation du risque ( facteur a dans le calcul). Les moyens de protection incendie sont : alarme manuelle, extincteurs, dévidoirs. Leur nombre est considéré comme adéquat. Il n’y pas de détection automatique d’incendie, ni de désenfumage, ni de sprinklage. Le réseau intérieur de dévidoirs est alimentée par une pompe électrique de 2900 l/min qui pompe dans les bassins d’eau de l’usine. Pour l’usine, on a tenu compte d’une capacité de réparation présente, mais une relocalisation temporaire de la production n’est pas considérée comme réalisable. Par manque de données précises, le réseau d’eau de ville à été pris en compte comme un réseau de 150 mm, avec un pression adéquate et des bornes d’incendie  dans les environs de l’usine. Les pompiers de la ville, corps semi-professionnel,peuvent intervenir sur les lieus dans un délai de 10 à 15 min. Une partie du personnel est instruit dans la première intervention en cas d’incendie. Calculs FRAME et analyse des résultats. Le Dépôt. Le premier calcul analyse le risque d'incendie du dépôt  dans son état actuel (as-is). Le risque calculé R est pour le patrimoine: 2.55 ; Le risque calculé R1 est pour les personnes: 0.99 ; Le risque calculé R2 est pour les activités: 0.77  La première analyse du risque d’incendie dans le dépôt indique les personnes et l’activité est correctement protégée, mais qu’un incendie peut détruire la totalité du dépôt.  La valeur  R=2.55 indique en plus que l’incendie peut se propager aux bâtiments voisins. On peut expliquer cette dernière constatation, soit par un  manque de résistance au feu au niveau des liaisons ( destruction des portes coupe-feu par un incendie de longue durée) ou par un effondrement du bâtiment avec dégâts aux bâtiments voisins. Les facteurs aggravants sont : au niveau du risque potentiel: la charge calorifique élevée (facteur q), le manque  de désenfumage (facteur v) o au niveau de la protection: ressources en eau limitée, absence de protection automatique. Le deuxième calcul analyse le risque d'incendie du dépôt  avec uniquement un désenfumage à 2 % de superficie du dépôt. Le risque calculé R pour le patrimoine  devient: 2.03  . Cela signifie qu’avec un désenfumage on pourra  contrôler et limiter l’impact sur les bâtiments voisins, mais le dépôt sera quand-même perdu.       Un troisième calcul analyse le risque d'incendie du dépôt  avec uniquement un désenfumage à 2 % de superficie du dépôt et une installation de détection automatique d’incendie avec appel automatique aux pompiers. Le risque calculé R est pour le patrimoine: 1.27 ; Le risque calculé R1 est pour les personnes: 0.48 ; Le risque calculé R2 est pour les activités: 0.38  La valeur de 1.27  correspond à 10 R % de dommages matériels en cas d’incendie majeur : soit +/-20 %. Ceci semble une solution qui entre dans le budget disponible de l'entreprise.   Un quatrième calcul analyse le risque d'incendie du dépôt  avecsprinklage à ressource d’eau unique, pas de désenfumage et pas de détection automatique, mais avec appel automatique aux pompiers. Dans ce cas : Le risque calculé R est pour le patrimoine: 0.93 ; Le risque calculé R1 est pour les personnes: 0.50  ; Le risque calculé R2 est pour les activités: 0.26  . Ceci signifie une bonne protection pour les biens, les personnes et les activités. L’usine de production. Un premier calcul analyse le risque d’incendie de l’usine dans son état actuel (as-is). Dans ce cas : Le risque calculé R est pour le patrimoine: 2.14 ; Le risque calculé R1 est pour les personnes: 1.30  ; Le risque calculé R2 est pour les activités: 1.91  La première analyse du risque d’incendie dans l’usine indique donc un niveau de protection déficient pour les trois aspects. Les facteurs aggravants sont :  au niveau du risque potentiel: la taille du compartiment (facteur g), le manque  de désenfumage (facteur v), la vitesse de propagation de l’incendie (facteur i) au niveau du risque potentiel: le risque de feu de poussières, au niveau de la protection: absence de protection automatique. En analysant les facteurs, il faut noter que ce n’est pas un aspect spécifique qui domine, mais plutôt l’effet cumulatif des faiblesses qui résulte dans une protection inadéquate. Pour le risque pour les personnes, le scénario “catastrophe” est un incendie qui se développe avec beaucoup de fumées et de chaleur et qui barre le chemin à une personne qui se trouve dans un local à une sortie. Cela pourrait se produire dans la zone de fabrication de gommes. Un deuxième calcul analyse le risque d'incendie de l’usine avec sprinklage à ressource d’eau unique, pas de désenfumage  et pas de détection automatique, mais avec appel automatique aux pompiers. Dans ce cas : Le risque calculé R est pour le patrimoine: 0.94 ; Le risque calculé R1 est pour les personnes: 0.66  ; Le risque calculé R2 est pour les activités: 0.68 . Ceci signifie une bonne protection pour les biens, les personnes et les activités. Il faut noter que l’approche classique pour un sprinklage est de prévoir une double ressource en eau, p.e.. deux réservoirs + pompe. Dans ce cas, on peut économiser sur cette investissement, en prévoyant un réservoir + une pompe (diesel) et un raccordement permettant aux pompiers de pomper de l’eau du réseau eau potable dans le système sprinklage, et obtenir un niveau de sécurité adéquat. Un troisième calcul  analyse le risque d'incendie de l’usine en supposant que le problème de poussières d’amidon est maîtrisé, de façon que le risque d’explosion ou de feux de poussières devient négligeable. A ce moment, on peut aussi investir dans une détection automatique d’incendie ( de chaleur)  sans crainte de fausses alarmes ou de déclenchements abusifs. Dans ce cas : Le risque calculé R est pour le patrimoine: 1.23 ; Le risque calculé R1 est pour les personnes: 0.69  ; Le risque calculé R2 est pour les activités: 0.91  . Dans ce cas –ci  on atteint un niveau de sécurité adéquat pour les personnes et les activités. Pour les biens, la valeur de 1.32  correspond à 10 R % de dommages matériels en cas d’incendie majeur : soit +/-20 %. Ceci semble une solution économique. RESUME L’analyse du risque d’incendie de la situation actuelle indique un niveau de sécurité inadéquat, compte tenu de l’impact possible d’un incendie sur les biens, les personnes et les activités. Un nouveau de sécurité satisfaisant peut globalement être réalisée par une protection automatique par sprinkler (à une ressource d’eau). Alternativement, on peut obtenir un niveau adéquat pour les personnes et les activités et un niveau de sécurité raisonnable pour les biens, par la combinaison de trois mesures: maîtrise du problème des poussières d’amidon et le risque d’explosion et feux de poussières désenfumage du dépôt de produits finis détection automatique généralisée de l’unité de fabrication et du dépôt. Cette combinaison de mesures entre dans les possibilités budgettaires de l'entreprise. Le fait de ne pas avoir une protection idéale se traduira par des primes d'assurances un peu plus élevées. Avec le logiciel FRAME 2008, un rapport est produit avec les variantes pour l'usine de fabrication. Risque Potentiel as-is Risque Acceptable as-is Degré de Protection as-is Risque Potentiel Variante sprinklers Risque Acceptable Variante sprinklers Degré de Protection Variante sprinklers Risque Potentiel Proposition 2 Risque Acceptable Potentiel Proposition 2 Degré de Protection Proposition 2 MALHEUSEMENT... Pour des raisons inconnues, mais probablement financières, les améliorations proposées n’ont pas été mises en pratique, et le 10 octobre 2013, l’usine a été détruite pas un incendie, comme c’était prévisible par la variante as-is (as-was)